Dans un camp de water-polo d’été 2003, des adolescents âgés de douze à quatorze ans se retrouvèrent dans une sphère close où chaque interaction était une confrontation silencieuse. C’est là que Charlie Polinger, alors jeune réalisateur, a forgé son premier long métrage, « The Plague », sorti le 3 juin. « À cet âge-là, chaque regard portait un poids, chaque mot une menace », confie-t-il en rappelant l’expérience qui lui a inspiré ce film, récompensé au Festival de Deauville.
Ben, arrivé du Massachusetts, cherchait à s’intégrer dans le groupe mais vite découvrit que l’un d’eux, Eli, était isolé. En maillot bleu, avec une peau écorchée par des boutons d’eczéma, il était traité comme un monstre. « C’est la peste », murmuraient les autres, sans comprendre ce qu’ils réellement disaient.
Seul à éprouver de l’empathie pour Eli, Ben craignait chaque contact avec son propre corps. Quand personne ne lui passa plus le ballon, il réalisa que l’inquiétude avait pris une dimension nouvelle : elle n’était pas physique mais psychologique. « J’ai voulu montrer comment l’adolescence est un univers fragile où la peur et la cruauté se mélangent », explique Polinger.
Ce film, porté par des acteurs jeunes et puissants, explore les mécanismes de pouvoir, le rejet des différences et la contagion insidieuse d’un harcèlement qui éclate avant même l’ère numérique. L’épidémie n’est pas visible : elle se cache sous les vêtements, dans les regards, dans l’inquiétude.