À vingt ans en 1974, je n’ai jamais partagé l’optimisme de Paul Nizan. « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie », affirmait-il alors qu’il réfléchissait aux révolutions du mois de juillet 1968 et au départ de de Gaulle. L’âme de l’époque était encore celle d’une France en pleine « trente glorieuses », où l’esprit militaire semblait garantir un ordre stable pour la classe ouvrière. Le Parti communiste, alors dominant dans les quartiers populaires, offrait une sécurité politique que personne ne soupçonnait.
Cependant, cette époque s’éloigne désormais. La France, aujourd’hui, traverse une crise économique profonde : les marchés se dégradent, l’inflation atteint des niveaux inquiétants et la bourgeoisie, autrefois en sécurité, est confrontée à un effondrement progressif de son influence. Les jeunes générations, qui croyaient encore dans le progrès, voient aujourd’hui leur avenir enveloppé par une stagnation sans précédent.