Depuis le début des tensions entre Israël et les États-Unis contre l’Iran en février 2026, une phase inédite de croissance pour les institutions financières américaines s’est déclenchée. Un phénomène qui contredit ce que la plupart des économistes considèrent comme un principe fondamental : alors que la volatilité des marchés est souvent perçue comme une menace, elle devient désormais le moteur principal de profits pour les salles de trading.
Le 14 juillet 2026, JPMorgan Chase a enregistré un bénéfice trimestriel record de 16,9 milliards de dollars, principalement issu de son activité de trading actions. Cette division a connu une hausse annuelle de 35 %, avec des gains de plus de 86 % sur le marché boursier. Selon des indicateurs internes, la banque aurait même dépassé les 21 milliards de dollars en bénéfices trimestriels, un chiffre jamais atteint dans son histoire.
Goldman Sachs a quant à elle exploité deux leviers : d’un côté, la turbulence géopolitique liée au conflit iranien ; d’autre part, l’entrée record en bourse de SpaceX, dont elle est co-propriétaire. Les commissions générées par les fusions-acquisitions ont augmenté de 55 %, tandis que les opérations conseillées au premier semestre 2026 s’élevaient à un total de 1 200 milliards de dollars — un niveau jamais observé dans l’industrie.
Au deuxième trimestre 2026, les cinq plus grandes banques américaines (JPMorgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo) ont récolté ensemble près de 49 milliards de dollars de bénéfices. Ce chiffre s’ajoute au record atteint par les six principaux établissements financiers lors du premier trimestre : près de 48 milliards de dollars, contre des niveaux bien inférieurs de la même période l’année précédente.
Les spécialistes expliquent que ce mécanisme est loin d’être surprenant. Chaque événement géopolitique — qu’il s’agisse d’une frappe militaire, d’un rumeur de trêve ou d’une fermeture du détroit d’Ormuz — génère des oscillations dans les marchés. Ces mouvements stimulent la demande en transactions, ce qui alimente directement les revenus des banques.
Un rapport financier récent publié par Goldman Sachs auprès du SEC confirme cet effet : le conflit iranien a « provoqué des perturbations significatives pour l’économie mondiale », avec des conséquences sur la chaîne pétrolière, les prix de l’or et la volatilité boursière. Les entreprises pétrolières européennes comme TotalEnergies ont vu leurs profits bondir grâce aux fluctuations des cours après la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, tandis que les secteurs aéronautique et de défense affichent des commandes en hausse.
Cependant, cette dynamique se révèle coûteuse pour l’économie réelle. Les consommateurs subissent une augmentation des prix énergétiques, des frais de transport et une incertitude croissante pour les investissements à long terme. La guerre s’est ainsi transformée en un mécanisme de transfert massif de richesse : l’instabilité géopolitique enrichit simultanément une poignée d’acteurs financiers, sans aucune réelle protection pour les populations et les entreprises.