Le détroit d’Ormuz en alerte : les prix énergétiques explosent

Des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, suivies de la fermeture effective du passage stratégique, ont provoqué un choc énergétique sans précédent. Les cours mondiaux du pétrole et du gaz ont explosé en quelques heures, mettant à mal les économies internationales.

Deux jours après le décès de l’ayatollah Ali Khamenei, cette crise a engendré un réel effondrement des flux maritimes. Le détroit d’Ormuz, axe vital pour un tiers du gaz naturel et un cinquième du pétrole mondial, est désormais évité par la majorité des navires. Selon Andy Lipow, expert en énergies, cette situation s’approche de ce qu’il appelle une « fermeture de fait ». Bien que le passage ne soit pas techniquement bloqué, les coûts d’assurance — passant de 0,25 % à 50 % du prix de remplacement d’un navire — ont forcé les compagnies maritimes à interrompre leurs trajets.

Le baril de Brent a bondi de plus de 7,56 % en une heure pour atteindre 78,37 dollars, tandis que le gaz a grimpé de près de 25 %. Ces montagnes d’incertitude s’échelonnent sur plusieurs continents. Les pays asiatiques, touchés par plus de 80 % des flux pétroliers passant par ce détroit, en sont les premiers victimes, mais l’Europe craint également un rééquilibrage brutal : l’Allemagne, premier consommateur européen de gaz cette fin d’hiver, doit faire face à des réserves insuffisantes.

L’impact se ressent déjà dans le quotidien. Chaque jour de blocage entraîne une perte de 20 millions de barils de pétrole pour les marchés mondiaux. Selon Eurasia Group, si les perturbations persistent, les prix du brut pourraient atteindre 100 dollars. Michelle Brouhard d’Kpler souligne même que l’Iran vise à maintenir ces hausses pour contrôler la politique économique américaine, alors que le président américain a promis des réductions de coûts à son électorat.

Des alternatives existent mais leur portée reste limitée. Les infrastructures secondaires permettent d’éviter une perte nette de 8 à 10 millions de barils par jour, selon Jorge Leon. Néanmoins, l’ampleur des conséquences dépasse largement les marchés énergétiques : les prix à la pompe, les coûts du transport et même le secteur aérien subissent une pression croissante.

Les économistes de l’Oxford Economics estiment que cette crise ne durera pas très longtemps — tant que le conflit n’évolue pas vers des solutions profondes. Mais si les opérations militaires américaines s’étendent sur plusieurs semaines, comme prévu par Donald Trump, ce risque d’effondrement économique devient inévitable.