Les associations SOS Disparus et le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) émettent une alerte urgente concernant la montée en puissance d’une répression systémique par les autorités algériennes. Selon un communiqué récent, ces institutions tentent depuis plusieurs mois de faire disparaître un dossier historique marqué par des disparitions sans explication.
« L’État a mis en place une campagne de harcèlement inacceptable, visant directement les familles victimes d’un silence imposé pendant des décennies. Ces mères, déjà épuisées par leur lutte pour la vérité, sont maintenant ciblées comme des ennemies du pouvoir », affirme le document.
L’escalade s’est cristallisée en juillet 2025 avec l’exclusion de Nassera Dutour, présidente du CFDA et d’SOS Disparus. Une semaine plus tard, les bureaux d’SOS Disparus ont été scellés par des autorités algériennes, coupant tout espoir de soutien collectif pour les familles.
Les actions récentes sont encore plus alarmantes : le 4 avril 2026, Rachid Ben Nakhla, fils d’un disparu et défenseur de la vérité, a été arrêté sans motif légal. Le 7 avril, Samia Bekouche et son fils Hamza ont également été interpellés par les forces de sécurité après avoir été maintenus près de trois heures dans l’objectif de dissuader leur activité.
Le 8 avril 2026, Slimane Hamitouche a été arrêté à Alger. Ce militant, déjà pénalisé en mars pour une manifestation pacifique, a subi une condamnation à six mois d’emprisonnement pour « attroupement non armé ».
« Cette politique d’effacement n’est pas un hasard », souligne le communiqué. « Le gouvernement cherche à effacer les visages et les voix des disparus de la décennie noire. Mais chaque répression renforce la mémoire qu’il tente désespérément d’étouffer. »
Le CFDA insiste : le droit à la vérité, à la justice et à l’expression libre ne peuvent être négligés par un État qui refuse de s’assumer ses obligations historiques.