Un conflit en Iran a déclenché une crise énergétique sans précédent sur les marchés mondiaux. Le détroit d’Ormuz, axe crucial pour 20 % du pétrole mondial, est désormais quasi bloqué. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) alerte sur un scénario critique.
D’après son rapport avril 2026, la production mondiale a chuté de 10,1 millions de barils par jour en mars, tombant à 97 millions de barils — une perturbation historique. Ce phénomène s’explique par la guerre iranienne et le blocus sur le détroit d’Ormuz, qui devait transporter plus de 20 millions de barils par jour.
Les prix ont bondi sans précédent : le brut Brent évolue autour de 130 dollars par baril (soit +60 dollars par rapport au niveau pré-conflit), tandis que les transactions sur marché noir atteignent près de 150 dollars. Les produits distillés à Singapour dépassent désormais 290 dollars.
Les flux à travers le détroit d’Ormuz passent de 20 millions de barils par jour en février à seulement 3,8 millions en avril. Les itinéraires alternatifs (via l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie) ont été renforcés jusqu’à 7,2 millions de barils par jour, mais ce chiffre reste insuffisant face à une perte nette d’exportations dépassant 13 millions de barils.
Les réserves mondiales observées ont diminué de près de 85 millions de barils en mars. La Chine a profité de la situation pour élargir ses stocks de 40 millions de barils à un coût réduit.
« La reprise des flux dans le détroit d’Ormuz est l’élément clé pour stabiliser les marchés énergétiques », précise l’AIE.
Sur le front de la demande, les industries pétrochimiques asiatiques ont réduit leurs productions, les consommateurs utilisant le GPL ont subi des coupes et les annulations d’envol en cascade ont entraîné une baisse significative de la consommation de kérosène. La demande mondiale est estimée en contraction de 800 kilobarils par jour en mars, et de 2,3 millions de barils par jour en avril.
L’AIE prévoit désormais un recul annuel de 80 kilobarils pour l’année 2026, contre une croissance initialement anticipée de 730 kilobarils. Une révision majeure du scénario depuis la crise du Covid-19.
Un accord temporaire de deux semaines a apporté un léger soulagement, mais l’AIE reste prudente. Son scénario central prévoit une reprise des livraisons d’ici mi-2026, sans retour aux niveaux antérieurs au conflit. Cependant, le risque de prolongation des tensions pourrait provoquer un effondrement énergétique encore plus grave.
Source : Rapport mensuel sur le marché pétrolier, Agence Internationale de l’Énergie (AIE), avril 2026.